Le coup de l’assommoir!
Lorsque l’on croit que la situation ne peut empirer, c’est à ce moment-là que souvent on réalise que l’on avait tort.
Lundi dernier, à New York, dans l’antre des Yankees, les Jays entamaient une phase cruciale de leur saison.
S’étant maintenue à flots jusque-là malgré la perte de sept lanceurs, dont au moins quatre pour le reste de la saison, la troupe de John Farrell s’est amenée chez les Bombardiers du Bronx comme aspirant aux séries d’après-saison.
Et le premier match se déroulait tout de même assez bien. La marque était de 2-2 quand Bautista a claqué un très long coup au champ gauche… mais trop croche. Pendant une fraction de seconde, les partisans des Jays ont cru à tort que l’égalité allait être rompue… mais la fausse joie a rapidement fait place à la consternation quand le roi des circuits au cours des trois dernières saisons a laissé tomber le bâton, est tombé à genoux, blessé au poignet gauche.
Les examens sommaires ont démontré une inflammation au poignet. Il reste à savoir qu’une fois l’inflammation disparue, ce qu’un nouvel examen radiologique révélera. Pour l’instant, son nom a été inscrit sur la liste des blessés pour 15 jours…
Et pour ajouter aux malheurs des Jays (comme s’ils n’en avaient pas assez), Raul Ibanez a claqué son 10e grand chelem en carrière pour compléter une journée qui ne pouvait plus mal se terminer.
Dans cette défaite de 6-3, il y avait quand même eu des signes intéressants, comme les six manches au monticule d’Henderson Alvarez qui n’avait donné que deux points pour garder son équipe dans le match et le coup de circuit d’Adam Lind qui continue d’impressionner depuis son retour de Las Vegas.
Certes que la perte de Bautista pour une période indéterminée est une embûche sérieuse dans la marche des Jays pour les séries, l’obstacle n’est pas insurmontable. S’il est vrai que personne ne pourra le remplacer adéquatement, il est aussi vrai que d’autres acteurs devront hausser leur jeu d’un cran ou deux (Brett Lawrie, Kelly Johnson, Yunel Escobar, J.P. Arencibia et le voltigeur de gauche, peu importe son identité) et souhaiter le retour d’un Brendon Morrow dans les plus brefs délais.
Le lendemain, les Jays n’avaient aucune intensité sur le terrain et même si Brett Cecil s’est ressaisi après avoir donné un circuit de trois points à Andruw Jones en deuxième manche. Le mal était déjà fait et les Jays ont retraité au vestiaire avec une autre défaite à leur fiche.
Et, comble de malheur, lors du troisième et dernier match, Brett Lawrie a été victime de sa trop grande fougue et s’est blessé au mollet droit. Heureusement, il n’y a pas eu de fracture, mais cette blessure fera peut-être réaliser au jeune Canadien qu’il faut savoir doser sa combativité selon la situation du match.
Ricky Romero semblait avoir la tête ailleurs quand il s’est présenté au monticule et il a donné quatre points dès la première manche.
L’attaque, muselée la veille par CC Sabathia, n’a jamais résolu les tirs du Japonais Kuroda et seul un violent orage a mis une fin rapide au supplice des Jays en terre new-yorkaise.
Pas de congé pour Alex… et le réveil sonne!
Si les Blue Jays (les joueurs j’entends) étaient en congé, jeudi, leur directeur-gérant ne l’était pas lui!
Une transaction impliquant dix joueurs avec les Astros de Houston… mais pas vraiment majeure. Les Jays n’ont pas mis la main sur un Nolan Ryan ou un Sandy Koufax, mais sur deux lanceurs qui vont colmater la brèche créée dans le personnel des lanceurs par suite des nombreuses blessures.
Et en retour, les Jays n’ont pas cédé des valeurs sûres, mais des jeunes joueurs prometteurs tout au plus.
Si jamais J.A. Happ retrouvait la forme qui lui avait permis d’être une des meilleures recrues de la Ligue Nationale en 2009, alors la transaction pourrait devenir un coup de maître. Seul l’avenir nous le dira. Mais il pourrait remplacer Cecil dans la rotation des partants, si le jeune gaucher n’était pas en mesure de lancer avec aplomb et régularité.
Enfin, le rappel de Travis Snider plait aux partisans des Jays et il est à souhaiter que le jeune homme profite de cette nouvelle chance pour mériter un poste permanent avec le grand club. Après avoir perdu sa chance aux mains d’Éric Thames à l’entraînement, Snider a pris son mal en patience à Las Vegas. Il lui appartient maintenant de faire sa niche avec les Jays.
La façon dont j’ai interprété le geste de la direction des Jays, c’était le message que les dirigeants n’avaient pas, eux, cessé de croire à la possibilité de se tailler une place dans les séries.
Et les joueurs ont réagi de belle façon, en balayant leurs plus proches rivaux de l’Est, les Red Sox à Boston, rescapant ainsi un voyage qui avait si mal débuté.
Les performances des partants, surtout celles de Laffey et Villanueva, ont été encourageantes. Le jeune Aaron Loup m’impressionne de plus en plus, surtout que Jason Frasor, lui aussi, se retrouve sur la liste des blessés.
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